Tomber malade

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Paradoxalement il n’y a rien de plus sain que de tomber malade, dans la mesure où nous sommes disposés à comprendre le sens profond de la maladie. Comme toute maladie est une expression de l’âme, il est de notre ressort de comprendre le langage des symptômes. Dans le cas contraire, si nous prétendons supprimer le symptôme, nous nous retrouvons sans les messages les plus directs et les plus clairs de notre être intérieur. Cela ne sert à rien de tuer le messager. Les messages –même s’ils ne nous plaisent pas- nous indiquent comment continuer à cheminer.

Cela voudrait-il dire qu’il ne faut pas lutter contre les maladies? En réalité, l’idéal serait de ne pas avoir à combattre de maladies, mais de les comprendre et de voir ce qui se manifeste dans le corps comme le reflet d’une partie de nous-mêmes. Évidemment, ce n’est pas facile. Pour une raison ou une autre, il se peut que nous n’ayons pas pu admettre une douleur, une colère, un obstacle ou une peur insurmontable de notre passé et l’avons alors « relégué dans l’ombre ». Seulement voilà, ce qui nous est arrivé réapparaît, mais cette fois-ci sur le plan physique, se rendant visible sous la forme d’une maladie dans le corps. Notre réaction automatique sera de la rejeter encore, comme si cela ne nous appartenait pas. Nous aspirons tellement à ne pas nous confronter à cette partie de la réalité que nous pensons qu’en supprimant le symptôme, la douleur émotionnelle disparaîtra. Malheureusement, les choses ne se passent pas ainsi, bien au contraire. Ce que nous avons écarté reste latent et revient sans cesse à la surface, finissant même pas transformer la maladie en douleur chronique.

Cela veut-il dire qu’il n’est pas nécessaire de s’occuper de la maladie sur le plan physique? Si, bien sûr, nous essaierons évidemment de diminuer le symptôme. Mais prenons conscience que la suppression du symptôme ne signifie pas la guérison. Nous sommes alors face à deux défis : d’une part soulager la douleur, et d’autre part nous poser les questions auxquelles nous n’avons pas eu la force de faire face par le passé. Demandons-nous ce que cette maladie nous impose ou nous empêche de faire et force sera de constater l’alignement parfait entre notre être essentiel et le symptôme. Cette quête bienveillante pour relier notre « moi intérieur » à notre « moi extérieur » demande un certain entrainement. Mais plus nous deviendrons capables d’assembler les morceaux de puzzle entre ce qui nous arrive et ce que cela vient toucher en nous, plus l’exercice deviendra évident.

-Laura Gutman-

Newsletter de Laura Gutman, Juin 2013 ~ Traduction Brigitte Rietzler // Temesira

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